Mal en soi

Thématique iconographique

L’entrée du mal dans la Création survient avec le péché originel, dont le serpent est l’instigateur selon la Genèse. Pourtant, selon la tradition vétéro-testamentaire, le serpent n’est pas mauvais en soi. Le rôle du diable dans la chute résulte d’une relecture médiévale de la Bible. Satan et les démons sont peu représentés avant le Vie siècle, et apparaissent dans un premier temps dans les scènes d’exorcismes de la vie du Christ. Satan est alors peu différentié des autres démons. D’abord représentés sous forme humaine, leur apparence devient de plus en plus bestiale et composite à partir du XIe siècle.

Satan est le « prince de ce monde » (Jn 2,31) (Mal comme prince du monde). Ses représentations s’inspirent parfois de l’iconographie du pouvoir pour la détourner. Il fait régner la tentation sur le monde et sur les hommes en particulier, qui naissent tous pécheurs et peuvent être amenés à commettre d’autres péchés sous l’inspiration maléfique (Tentations, Satan comme figure agissant dans l’histoire).

Les images médiévales donnent ainsi à l’ontologie chrétienne l’apparence d’un dualisme, impression qui à l’analyse se révèle beaucoup plus nuancée. Dans une perspective théologique, il n’y a pas de dualisme : la puissance du mal demeure toujours circonscrite et contrôlée par Dieu (Mal contrôlé par Dieu). Les hérésies dualistes sont donc rejetées par les théologiens catholiques.

La question de l’origine du mal est donc un point de théologie particulièrement délicat. Il ne peut pas être d’origine divine, car Dieu est bon et à la source de tout. Relisant plusieurs passages bibliques, les théologiens conçoivent l’épisode de la chute des anges rebelles ; Satan chute ainsi avant la création du monde. Selon Grégoire le Grand (Moralia in Iob 2,4), l’orgueil, premier des péchés, est la cause de la chute des anges.


Collectif OCMI-INHA, Ontologie du christianisme médiéval en images, consulté le 28 October 2020, https://omci.inha.fr/s/ocmi/item/29