Mal comme prince du monde

Motif iconographique

Une iconographie de la majesté de Satan se développe au Moyen Âge, qui lui donne le privilège d’apparaître assis sur un trône. Sur cette image, le moine Théophile rend hommage à un diable trônant. La posture qu’il adopte, les jambes croisées, est caractéristique des images de mauvais souverains et d’usurpateurs du pouvoir. Le corps, tordu en une position sinueuse, manifeste ainsi le mal et s’oppose à l’attitude frontale et hiératique des images habituelles du pouvoir en majesté (voir Délégation de l’autorité au souverain ainsi que Royauté du Verbe).

Il existe dans l’art médiéval des « interférences » entre l’imagerie de la royauté diabolique et celle de la royauté terrestre. Le mal est représenté dans cette image comme une inversion du bien : Théophile adore Satan au lieu d’adorer Dieu. La présence du magicien juif, figure de l’aveuglement, renforce l’idée de détournement du divin. Le diable prend avec le trône une position de dominant, que l’on retrouve dans le texte, qui le qualifie de « Prince et Sire ». Dans la Bible, Satan est également appelé « prince de ce monde » (Jn 2, 31). Satan exerce ici son pouvoir de faire le mal sur terre par la duplicité en corrompant les hommes.