Tentations

Motif iconographique

La cité personnifiée revêt souvent un caractère négatif. Babylone ou encore la Cité des hommes d’Augustin d’Hippone sont des puissances mauvaises, dans lesquelles sont commis des crimes, où sont pratiquées la sorcellerie ou l’idolâtrie. Babylone est souvent représentée en tant qu’incarnation du mal sous la forme allégorique d’une femme, notamment celle de la grande prostituée de l’Apocalypse (chap. 17). Babel, nom hébreu de Babylone, est également avec sa tour un symbole d’hubris. Les villes de Jérusalem et de Babylone sont parfois opposées selon une bipolarité du bien et du mal.

La Babylone personnifiée du chapiteau de Chauvigny tient dans ses mains la coupe contenant les « souillures de sa prostitution » (Ap 17, 4), ainsi qu’un flacon évoquant peut-être les parfums de la séduction. Elle exalte le luxe des plaisirs terrestres, qui détournent l’homme de Dieu. Elle s’oppose à la Vierge à l’enfant représentée sur un chapiteau voisin. Contrairement à la Vierge, elle est représentée les cheveux défaits, jambes écartées, portant une riche tenue brodée. Son offrande de vin et de parfum s’oppose aux présents que les rois mages apportent à l’Enfant. Elle s’oppose également au geste d’adoration de l’ange qui entonne sur la face adjacente le Gloria in excelsis Deo en présence des bergers.