Protection contre le mal

Motif iconographique

Cet objet est un moyen de protection contre le mal à plusieurs niveaux. Tout d’abord par l’image du saint qui se trouve sur la panse, qui évoque le pouvoir du saint et de ses reliques (voir Miracle). On y voit le saint dominant la nature, selon un schéma proche de celui, oriental, du maître des animaux. La sépulture de saint Ménas à Abu Mina était un lieu de pèlerinage très fréquenté au début du Moyen Âge. Les ampoules destinées à contenir de l’eau bénite mise en contact avec les reliques étaient produites en très grande quantité, et vendues aux pèlerins.

Ces objets s’inscrivent dans une pratique domestique de la religion chrétienne visant à repousser les forces du mal et s’en protéger. Ils sont utilisés pour combattre des symptômes du mal, comme la maladie. Les médiévaux utilisent une grande variété d’objets : inscriptions sur des bouts de parchemin, insigne de pèlerins, ampoules en métal ou en terre cuite, ou reliquaire précieux pour les classes les plus élevées. Malgré leur nombre important et leur facture courante, les ampoules de saint Ménas sont des objets porteurs d’une valeur prophylactique et apotropaïque profonde. Tout comme les reliques, elles convoquent la puissance divine.

Ces pratiques populaires sont généralisées mais ambiguës. Elles ne sont pas inscrites dans le dogme, à la différence des reliques, mais il règne une certaine tolérance vis-à-vis de ces objets de protection. Les ampoules de saint Ménas ont été distribuées aux pèlerins par le clergé jusqu’au VIe siècle.