Contrition collective

Motif iconographique

Épiphénomène limité principalement à la seconde moitié du XIVe siècle, les Flagellants reflètent, sous une forme extrême, des pratiques plus courantes de contrition collective. Celles-ci ont deux fonctions : la première est l'imitation du martyr du Christ et la seconde est l'affaiblissement du corps par la douleur afin de le rétablir dans une configuration correcte vis-à-vis de l'âme.

L'image met en scène une procession de ces pénitents dont les actes d'auto-flagellation sont mis en regard du grand crucifix qui les accompagne et leur fait face (au contraire de l'iconographie habituelle des processions). C'est le martyr du Christ qui constitue le prototype et le modèle de l'expiation par la souffrance. Elle est mise en scène au cours d'une performance publique où les flagellants se châtient à coups de fouet, parfois à l'excès comme le racontent les chroniqueurs qui décrivent l'aspect très spectaculaire de ces processions destinées à racheter la communauté. Le corps métaphorique constitué par la confrérie est châtié pour racheter l'ensemble corps social. Une partie de la communauté se sacrifie pour le bien de l'ensemble, de la même façon que le Christ s'est sacrifié pour racheter les péchés de l'humanité. L'anonymat des pénitents d'ordinaire coiffés de cagoules (ce qui n'est pas le cas dans l'image étudiée) renforce l'impression de cohésion du groupe, l'effacement des identités individuelles pour s'identifier au Christ.