Corps comme microcosme

Motif iconographique

L'ensemble se présente sous une forme circulaire qui symbolise la totalité du monde, où chaque quartier associe un âge de l'homme à une humeur dominante et une saison décrite par ses qualités élémentaires. Ces parties de l'homme sont elles-mêmes associées aux éléments reportés sur le cercle extérieur et également qualifiés selon leurs propriétés.

Le schéma d'Anagni met en avant la similarité entre la structure sous-jacente du monde et la nature du corps de l'homme, constitué de quatre humeurs (sang, bile rouge, bile noire, flegme), elles-mêmes partageant des propriétés avec les quatre éléments (air, feu, terre, eau), tout en évoluant au fil de quatre saisons (printemps, été, automne, hiver) qui reflètent les âges de l'homme (enfance, jeunesse, âge mûr, vieillesse). Le monde et l'Homme sont semblables en nature et en fonctionnement, tout en adoptant des formes différentes. Il ne s'agit donc pas seulement d'un réseau de significations mais aussi d'un rapport ontologique entre les choses. C'est ce qu'on retrouve dans les Étymologies d'Isidore de Séville, qui associe l'air et le sang, tous les deux humides et chauds, comme sur la fresque d'Anagni (Étymologies, IV, 5, 3). Le corps constitue un monde en abrégé et Isidore de Séville va jusqu'à affirmer que l'homme reflète l'évolution du monde (Sententiae, I, 8, 1-2) : de fait, l'inscription du corps dans un cycle d'âges et de saisons l'inclut aussi dans un temps universel.

Le monde a pour centre l'Homme, qui le résume : c'est le sens de l'inscription qui entoure la figure centrale (elle dit : « microcosmus, id est minor mundus »). La situation de la fresque, peinte sur un plafond, et sa forme circulaire participent à cette symbolique qui fait de cette figure cosmologique un tout englobant l’espace : une description synthétique de la Création fondée sur les principes analogiques qui, reliés entre eux, montrent l'harmonie des choses.