Corps possédé

Motif iconographique

Au Moyen Âge, maladie et possession sont étroitement associées selon un rapport d'analogie : la maladie prend possession du corps du malade comme le démon prend possession du corps de sa victime. L'attitude du possédé témoigne d’un état du corps et de l'âme en opposition avec celle du Christ et des apôtres. On le voit contorsionné, tirant sa barbe et ses cheveux pour ouvrir une bouche béante qui laisser s'échapper un diable. Ici, il semble utile de rappeler l'étymologie de ce mot : le grec diabolos signifie celui qui divise et semble particulièrement pertinent dans le contexte d'une image où le possédé est caractérisé par un corps agité et exerçant sur sa propre tête des tractions suggérant une possible dislocation, en totale opposition avec l’attitude maîtrisée des apôtres et du Christ. Le déséquilibre, le mouvement violent participent à l’expression de ce désordre physique, de même que l'ouverture forcée de la bouche par les mains de l'homme. Portant atteinte à son corps, il dégrade l’image de Dieu qui est en lui comme en tout homme.

L'effet de composition vise certes à mettre en avant les deux protagonistes, mais le possédé apparaît également séparé du peuple, au sein duquel son exorcisme lui permettra de retourner.