Union de l’âme avec le corps

Motif iconographique

Les âmes sont ici représentées, comme souvent au début du Moyen Âge, sous la forme d’oiseaux. Contrairement aux représentations plus tardives qui abandonnent progressivement ces modèles, le propos est ici moins de souligner le lien entre l’âme et la personne que de la représenter comme un principe transcendant, distinct du corps en étant le principe animateur.

Le motif de la colombe fait autant référence au Psaume 9 et au Cantique des Cantiques (2, 14) qu’à la mobilité aérienne de l’âme et à sa substance souvent associée à l’air et au feu. Ce souffle, invisible mais perceptible, matérialise les âmes qui réintègrent les corps situés dans les sarcophages. De fait, les âmes plongent du ciel, où trône le Christ, pour revenir à leurs corps en train d’abandonner leurs suaires et leurs tombeaux pour revêtir une chair transfigurée par cette réunion des deux principes humains ; le ressuscité en haut à gauche est d’ailleurs doté d’un nimbe. Le mouvement est régi par une géométrie qui unit la figure du Christ aux tombes, par l'intermédiaire des phylactères. Au centre un ange se fait le relais de la puissance divine et touche la tête de l’un des ressuscités.

C’est par la bouche que les âmes regagnent leur enveloppe corporelle : c’est également par la bouche qu’elle est généralement représentée dans l’exhalaison du dernier souffle. Il s’agit bien d’une respiration vitale qui prend fin avec la mort, puis revient avec l’âme-souffle.

Enfin, ce relief fait sans doute écho aux préoccupations du christianisme primitif en rassurant les fidèles sur la résurrection des défunts : l’emphase donnée à l’âme et à son retour dans la chair ne nie pas l’importance du corps dans la pensée chrétienne et son rôle déjà constitutif de l’identité de la personne. Celui-ci connaît un changement de nature et de qualité qui se traduit par le changement de vêtements récompensant les élus, tandis que les damnés sont condamnés à une nudité pécheresse, signe de la privation de la transfiguration finale de la chair.