Âme, expression de soi

Motif iconographique

Dans le jambage inférieur de la lettre L, le psalmiste a les bras étendus horizontalement, mais son regard est tourné vers le Christ qui le regarde également. Le contact visuel, aussi bien entre l’âme et le Christ qu’entre le psalmiste et le Christ, s’établit dans l’angle fermé de la lettre, occupé par le texte des versets précédents. Le psaume 109 énumère les étapes menant à Dieu et fait référence au libre arbitre et à la mise en œuvre de la faculté de décision pour suivre la loi de Dieu, ce qui est illustré de façon littérale par la lettrine historiée. Le texte pointé est le verset 109, recopié sous forme de titulus : « anima mea in manibus meis semper », qui résume l’essentiel du sens de ce chapitre : l’âme du psalmiste — et donc sa vie ainsi que sa volonté — est entre ses mains et il dispose pleinement de sa capacité à décider de la mettre à disposition de Dieu.

L’offrande de l’âme consiste à offrir la partie la plus digne de soi-même, la plus essentiellement personnelle et la plus proche de Dieu. On peut y voir une représentation de l’âme en sa qualité de mens, capable à la fois de percevoir Dieu à travers le Verbe et de mettre en œuvre le jugement et l’action consciente. C’est enfin la conscience d’être une créature de Dieu et le désir ontologique de revenir, de façon naturelle et par similarité substantielle, vers Dieu.