Révélation christologique

Thématique iconographique

Dieu incarné, Verbe fait chair (comme le dit le prologue de l’évangile de Jean), le Christ est la Révélation vivante pour les chrétiens, qui font le lien entre ce qui a été annoncé dans l’Ancien Testament et ce qui s’accomplit dans le Nouveau Testament. Il constitue à la fois un prolongement et une rupture dans le cours historique, inaugurant le règne de la grâce (qui s’oppose à la loi mosaïque). Selon une théologie de l’histoire providentialiste et progressive, la typologie est un procédé et une logique auxquels la pensée médiévale a eu particulièrement recours pour faire la démonstration de l’union de Dieu et de l’homme dans le Christ. Il s’agit en effet de relier des événements, phénomènes ou personnes de l’Ancien et du Nouveau Testament (les « types » et « antétypes ») qui conduisent à révéler le plan divin, de la création du monde au jugement dernier. Il est à noter que ce mode de pensée et de raisonnement est hérité de la tradition hébraïque et se retrouve dans les paroles du Christ lui-même, par exemple lorsqu’il annonce sa mort et sa résurrection en se référant à l’histoire de Jonas : « De même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’Homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre » (Mt 12,40).

Le Christ, qui agit comme un prophète, est bien plus que cela : il est marqué par sa double nature, divine et humaine, et par là réconcilie l’homme avec son modèle originel (voir la rubrique Image). Le Verbe de Dieu, qui s’exprimait dans l’Ancien Testament par la bouche des prophètes, touchés par l’Esprit, est désormais pleinement présent, incarné en la personne de Jésus, issu du lignage de David. Comme le souligne Jean dans le prologue de son évangile, cet homme-Dieu est lui-même le Verbe, qui a créé toute chose à l’origine et qui luit dans les ténèbres. En contrepoint, la fin des temps sera marquée par son triomphe final et le salut proposé à tout homme (voir la rubrique Salut).

Les évangiles et les épîtres fondent leur enseignement sur la typologie, tendant à la fois à souligner l’accomplissement des prophéties de l’Ancien Testament en la personne du Christ et à mettre en opposition le temps avant et après sa venue.

Dans l’Occident médiéval, les liens de nature typologique — inhérents à la culture chrétienne — sont particulièrement développés aux xiie et xiiie siècles, donnant naissance à de complexes systèmes d’images. On peut particulièrement observer ce foisonnement dans les grands centres monastiques de Saint-Denis et Stavelot, imprégnés de la pensée de théologiens comme Rupert de Deutz et Honorius Augustodunensis, et où les abbés Suger et Wibald sont à l’origine de nombreuses commandes artistiques.


Collectif OCMI-INHA, Ontologie du christianisme médiéval en images, consulté le 30 May 2020, https://omci.inha.fr/s/ocmi/item/40