Mal combattu

Thématique iconographique

Le mal existe pour être combattu en une lutte perpétuelle, depuis le début des temps jusqu’à leur fin. Ce combat se déroule aussi bien dans la sphère surnaturelle que dans le monde terrestre, et il se déroule aussi dans l’homme. Le libre arbitre est une exposition à la tentation à laquelle l’homme doit résister, entraînant une lutte nécessaire entre le bien et le mal.

La chute des anges rebelles, puis l’avènement de Satan, constituent l’origine du mal. La chute des anges est assimilée par Augustin d’Hippone à la séparation de la lumière et des ténèbres (La Cité de Dieu, liv. 11, chap. 19). Selon lui, les démons auraient été créés bons mais seraient mauvais par volonté, ayant opté pour le mal en pleine conscience de leurs actes.

Le rôle du Christ est essentiel dans la lutte. Dans les évangiles, il montre sa résistance à la tentation et combat le mal à de nombreuses reprises durant sa vie publique. D’autre part, la théologie paulinienne fait de la venue du Christ la condition du rachat de l’humanité (Rm 5, 12 et suivants). L’aspect combattant du Christ est exprimé de manière allégorique dans l’interprétation de l’Ancien Testament, par exemple au sujet du Psaume 91, célébrant sa victoire symbolique sur le mal.

Le combat peut varier en intensité. Parfois il s’agit d’une simple opposition au mal, comme le montre l’utilisation d’effigies de saints utilisées pour leurs vertus apotropaïques, encore la recherche de l’intercession et de la protection des personnages saints. Les hommes et les femmes du Moyen Âge utilisent des amulettes et des objets pour se protéger et repousser le mal, dans le cadre religieux, mais aussi domestique, malgré des dérives possibles vers des pratiques magiques, considérées comme déviantes par l’Église.

Le thème du combat contre le mal engendre aussi des images de violence beaucoup plus explicites, tel l’épisode de saint Michel terrassant le dragon dans l’Apocalypse (Ap 12, 7-12). L’Apocalypse de Jean est interprétée par les exégètes médiévaux comme un discours eschatologique et une réflexion sur le mal. Elle est une source d’espérance pour les chrétiens car le combat contre le mal abouti à l’avènement de la Jérusalem céleste et à la victoire du Christ. Il s’agit d’une révélation faite à Jean, à qui apparaît la totalité du combat dans le temps, sous la forme d’une vision symbolique.

Le personnage de Satan, ainsi que les autres manifestations du mal, démons ou dragons, sont en effet des figures omniprésentes de l’adversaire, conformément à l’origine du nom, « Ha-satan » signifiant « l’adversaire » en hébreu. L’art médiéval regorge de représentations de combats contre des créatures maléfiques, toujours vaincues. Par ailleurs, la lutte contre le mal est aussi souvent une lutte contre le refus de la doctrine de l’Église. Les hérétiques, les Sarrasins, les Païens, ou les Juifs sont parfois représentés avec des traits diaboliques : cornes, griffes, ou encore têtes animales, signifiant leur caractère maléfique. Mais le conseil du démon demeure la convention de représentation la plus répandue.

L’Apocalypse de Jean est interprétée par les exégètes médiévaux comme un discours eschatologique et une réflexion sur le mal. Elle est une source d’espérance pour les chrétiens car le combat contre le mal abouti à l’avènement de la Jérusalem céleste et à la victoire du Christ. Il s’agit d’une révélation faite à Jean, à qui apparaît la totalité du combat dans le temps, sous la forme d’une vision symbolique.


Collectif OCMI-INHA, Ontologie du christianisme médiéval en images, consulté le 20 February 2020, https://omci.inha.fr/s/ocmi/item/25