Martyre

Motif iconographique

Selon un procédé de condensation temporelle, le saint et le bourreau sont représentés deux fois, avant et après le coup d’épée. Ainsi, plus que deux actions qui se succéderaient dans le temps, il s’agit de souligner le lien de cause à effet entre l’exécution du saint pour sa foi et la récompense qui lui est réservée au ciel : le salut : l'exécution du saint pour sa foi et son renoncement à la vie sont la clé de son salut. Les registres terrestre et céleste sont délimités par la diagonale du glaive qui tranche la tête de Candide et qui empêche aussi le soldat de voir que l'âme du martyr est enlevée au ciel par un ange.

L'inscription qui occupe tout l’espace entre le corps du saint et celui de son bourreau relie les deux protagonistes du martyre. Les lettres se répandent à l’image du sang des martyrs, source de fécondité : le vocabulaire employé par l'inscription souligne à la fois la violence de la mise à mort de Candide et sa dimension expiatoire.

Ca(n)did(us) exe(m)pto dum sic mucrone litatur

Sp(iritu)s astra petit pro nece uita datur.

« Tandis que par le glaive Candide est ainsi sacrifié, son esprit gagne les astres ;

En échange de la mort, la vie lui est donnée. »

La tête-reliquaire elle-même, grandeur nature et mise en valeur par l'orfèvrerie, nous présente une vision idéalisée et transfigurée du saint, telle qu’il se trouve au ciel. L'ultime renoncement à sa vie pour se confier à Dieu a été le vecteur d'une telle transformation.