Conversion

Motif iconographique

Dans l’espace de l’initiale L de l’incipit de l’office du 25 janvier, qui célèbre la conversion de saint Paul, ce dernier est saisi sur le chemin de Damas par la lumière de Dieu qui le fait tomber à terre et l’aveugle. Le choix de Dieu, expérience à partir de laquelle Paul a développé le concept de « grâce » (1 Co 15, 8-10), est manifesté par les rayons de la lumière divine qui s’échappent de la mandorle du Christ et atteignent Paul tandis que ses compagnons s’enfuient (motif iconographique que Fra Angelico tire de l’étude des sarcophages antiques). L’épisode est relaté dans les Actes des Apôtres (chapitres 9 et 22) ; ici, il s’agit sans doute du chapitre 22, car les compagnons réagissent à la lumière éclatante davantage qu’à la voix du Christ qui s’élève dans l’âme de Saul. Les lettres grecques de alpha et oméga, inscrites sur le livre que présente le Christ, font référence à l’Apocalypse (Ap 1,8) : « Je suis l’alpha et l’oméga, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant »). La révélation théophanique faite à Saul est celle de la foi en Jésus le Nazoréen, crucifié et vivant, qui lui confie la mission que le juif chrétien Ananie lui expose à Damas, celle d’annoncer le Messie aux nations païennes. Le retournement complet de la disposition de Saul envers le Christ et les chrétiens est exprimé par la chute du personnage et son aveuglement, qui ne prendra fin que lors de sa rencontre avec Ananie. Les murailles de la ville de Damas dans le coin supérieur droit indiquent la direction de son chemin, tandis que l’épée à son côté rappelle les persécutions qu’il a commises et renvoie à l’instrument de son propre martyre.