Souffrance physique

Motif iconographique

La description de l’Enfer dans le tympan de l’abbatiale de Conques reflète une organisation moralisée des châtiments infligés aux damnés. On remarque en effet que, contrairement à d’autres représentations où les victimes ne sont pas différenciées les unes des autres par leurs attributs ou la nature des punitions qu’elles subissent, le tympan de Conques met en scène un système judiciaire moralisé. En application du principe selon lequel on est puni par où l’on a péché (« tous ceux qui prennent le glaive seront punis par le glaive », Mt 26, 52), les châtiments sont en relation avec la nature des péchés commis et ont une valeur d’exemple. C’est pourquoi le chevalier en armes, symbole d’orgueil, est renversé de son cheval, que la femme infidèle est enchaînée par le cou à son amant et que l’avare, comme Judas, est pendu à un arbre avec sa bourse autour du cou.

Si l’Enfer inférieur représente des punitions propres à des péchés identifiables, la partie supérieure, à côté du Christ, met en scène des individus, cette fois caractérisés par leur condition sociale : roi, moine, artisan, guerrier. Cette partie montre au spectateur l’universalité du jugement : aucune action humaine ne protège en soi du péché, pas même la condition monastique.