Subsumation du sacrifice

Motif iconographique

L’image met en parallèle plusieurs scènes qui ont toutes pour thème le sacrifice. Dans la partie inférieure, Isaac, préfiguration typologique du Christ, est allongé sur l’autel, les cheveux tirés par Abraham, dont le bras tenant le couteau est arrêté par la main de Dieu. Le bélier qui doit remplacer Isaac se trouve derrière lui, entouré de rinceaux végétaux qui l’enveloppent et l’entravent : l’offrande est déjà prête pour le sacrifice. Les rinceaux qui jaillissent du cou de l’animal représentent son sang, et l’analogie visuelle avec l’Agnus Dei permet d’y voir une représentation du sang purificateur du Christ, qui constitue la nouvelle loi.

De part et d’autre de l’image centrale se trouvent deux représentations de Caïn et Abel, qui portent chacun leur offrande dans leurs mains voilées, tous les deux surmonté de la main de Dieu. Contrairement à d’autres représentations de la scène, il n’y pas de différence notable entre les deux frères, dont le sacrifice est considéré comme également sacré. C’est l’image de l’offrande qui est mise en avant. Comme Isaac, Abel est une figure typologique du Christ : à la fois bon pasteur et victime sacrificielle (c’est le premier des Justes). Son offrande d’un agneau dont on distingue la patte est un second renvoi à l’Agnus Dei.

Ce dernier surmonte l’ensemble, soutenu par des anges. La figure de l’agneau, victime sacrificielle par excellence dans l’Ancien Testament, est associée au Christ par la parole prophétique de Jean-Baptiste (Jn 1, 29) : « Voici l’agneau de Dieu » ; elle apparaît aussi dans l’Apocalypse (14, 1), où la dimension sacrificielle est répétée à plusieurs reprises. Dans l’image de l’Agnus Dei qui surmonte les deux autres sacrifices s’exprime l’accomplissement opéré par la mort du Christ, qui trône en majesté au centre de l’autel.