Mort physique

Motif iconographique

La mise en scène de ce cycle de la Genèse illustre les conséquences du péché originel qui affectent la condition de l’Homme et sa relation à Dieu. Dans les premiers registres qui se déroulent à l’intérieur du jardin d’Éden, Adam et Ève se situent dans le même espace que Dieu et jouissent de sa pleine présence. C’est après la Chute et avoir été chassés du jardin que Dieu leur devient invisible et qu’ils doivent endurer les conséquences du péché : le travail, les douleurs de l’enfantement et la mort. L’inscription accompagnant la scène d’inhumation du registre inférieur lève le doute sur l’identité du défunt : il s’agit d’Abel et non d’Adam. Son corps est nimbé pour signifier son salut (car il est le premier des Justes) et pour manifester la sacralité de son corps qui répond à celle de la terre qui le reçoit.

Dans les deux cas, la mort fait partie des conséquences qui sanctionnent la désobéissance d’Adam et Ève. Elle s’exerce sur deux plans. Tout d’abord la mort physique, qui est illustrée par la scène d’enterrement au centre. Le corps, privé du principe vital insufflé par Dieu, retourne à la matière inerte d’où il a été tiré. Le sol est cependant caractérisé par une couleur identique à celle des nuées, annonçant peut-être la Résurrection à venir. Intervient également la mort spirituelle, causée par la privation de la présence de Dieu. Celle-ci est toutefois réversible : c’est le sens qu’on peut donner à la présence de la main de Dieu dans les écoinçons. Dieu n’a pas abandonné l’Homme auquel il concède la possibilité d’être racheté et de revenir à l’état qui était le sien avant la Chute. La main de Dieu fait un geste qui ordonne et qui bénit : c’est l’expression de la volonté de Dieu qui enjoint Adam et Ève de perpétuer la vie, de travailler et d’accorder leurs soins à la Création, selon les nouvelles conditions d’application de la loi post-lapsaire.