Âme comme principe de vie

Thématique iconographique

Pour la pensée médiévale, l’une des fonctions premières de l’âme est d’être un principe animateur du corps, analogue à la respiration, et de nature immatérielle. Le vocabulaire entourant cette conception de l’âme comme souffle vital a beaucoup varié au cours du Moyen Âge, mais c’est l’acception augustinienne du spiritus qui sera utilisée dans le cadre de l’Ontologie.

Respiration et mouvement caractérisent les êtres vivants : l’âme végétative est reconnue par Thomas d’Aquin comme la première puissance qui se manifeste dans l’enfant à naître et qui dirige les opérations les plus élémentaires du corps (notamment la respiration). C’est celle qui est insufflée à Adam lors de sa création et qui transforme la matière inerte en être vivant, capable de se mouvoir, de penser et de ressentir même si les rapports entre l’âme et le cœur (plus souvent associé aux émotions) sont complexes et variables en fonction des auteurs. Le fait que le spiritus soit souvent rapproché de la respiration ou du souffle (flatus) montre à la fois sa nature aérienne (Jb 34, 14 ; Sg 15, 11) et son rôle essentiel dans le fonctionnement du corps, en tant que circulation, dans le corps, d’un fluide transmis par Dieu à l’homme.

Si l’âme est le siège de la vie physique, son départ marque la mort du corps, qui devient alors littéralement « inanimé ». Toutefois, même après le décès de la personne, l’âme comme principe vital n’est pas faite pour demeurer éternellement séparée du corps : la Résurrection des morts au Jugement dernier marque la réunification des âmes à leurs corps, puis une transfiguration de la chair, en matière éternelle. La matière du corps est alors transcendée et la chair spiritualisée, rétablissant l’harmonie parfaite de l’âme et du corps. Cette harmonie est l’horizon des relations entre les deux entités tel que décrit par des théologiens comme Hugues de Saint-Victor (dans le Didascalion en 1120) ou Pierre Lombard (Livre des Sentences vers 1155-1158) : l’amitié (amicitia) de l’âme pour le corps est le principe par lequel la première désire s’unir au second.


Collectif OCMI-INHA, Ontologie du christianisme médiéval en images, consulté le 28 October 2020, https://omci.inha.fr/s/ocmi/item/11