Bestialité

Motif iconographique

Cette image présente une forte dichotomie entre les deux registres. Il se dégage de la partie supérieure une harmonie, émanant d’une musique théorisée qui repose sur les nombres et les proportions, comme l’indique tout particulièrement le monocorde (instrument pédagogique et théorique) tenu par le musicien situé en haut à gauche, et où le souffle des instruments à vents fait écho au souffle de l’Esprit saint.

Le mal, sous la forme de la bestialité, se manifeste dans le registre inférieur. Au centre se trouve un démon, caractérisé par son aspect animal : poils sur le corps, queue, absence de cou, bouche grimaçante. Autour de lui règne le désordre, comme en témoigne les danseurs renversés la tête en bas, sur la gauche de l’image. Le corps du danseur ou de la danseuse aux jambes croisées montre une danse non réglée, tandis que le danseur qui compte sur ses doigts se repose sur son corps et non sur les nombres. L’instrument utilisé par le démon est un tambour, composé de peau animal, produit une musique purement rythmique. Le démon n’est pas capable de moduler des notes pour produire une musique raffinée, car ses pattes ne possèdent pas de doigts. Le cor qui l’accompagne produit un son non modulé (contrairement à l’instrument du même type au registre supérieur, sans doute percé de trous que les mains de l’instrumentiste bouchent). La musique jouée par ce groupe est une musique irrationnelle, non réglée par les divines proportions musicales.