Mise à l’épreuve

Motif iconographique

Les Morales sur Job de Grégoire le Grand est un texte composé de sermons sur le Livre de Job qui insiste fortement sur le combat entre le bien et le mal. Cette œuvre a profondément marqué la culture médiévale.

Dieu punit Job pour mettre sa foi à l’épreuve et montrer à Satan que les pires souffrances n’altéreront pas la piété de l’homme. La lèpre, manifestée ici par des pustules rouges, est un signe du mal au Moyen Âge et vient ici s’ajouter au dénuement du protagoniste. Job est isolé de ses proches, séparés de lui par la bordure de l’image. Sa femme et ses amis ne voient pas l’épreuve divine que constitue sa souffrance et se moquent de sa patience et de sa foi.

Derrière lui se tient un diable, cornu, velu, griffu, crachant du feu et posant ses griffes sur Job, mais il est aussi enchaîné, signe de sa subordination. La présence du mal enchaîné montre que ses forces s’exercent avec l’autorisation de Dieu (voir Mal contrôlé par Dieu). Dans le coin supérieur droit de l’image, Élihu, seul consolateur de Job, surplombe la scène et effectue un geste de prise de parole. Son attitude contraste avec le reste de l’entourage de Job : il est le seul à ne pas l’accabler, et agit comme un messager de la parole de Dieu (Jb 33, 23). Il incite Job à se soumettre totalement à Dieu, et à supporter les souffrances qui lui sont infligées. L’auréole de Job est un signe de la reconnaissance de son martyre ; la preuve que Dieu ne l’a pas abandonné et qu’il sera récompensé de cette mise à l’épreuve.